Lithographie
Contrairement à une peinture, qui peut évoluer touche par touche, il y a en lithographie différentes étapes forcément dissociées dans le temps, un décalage constant entre les opérations effectuées et le résultat visible ; on assiste, un peu comme en photographie, à une sorte de "révélation", lorsqu’après avoir effacé le dessin (on appelle cela "mise au blanc"), celui-ci réapparaît magiquement à l’étape suivante, enfin, il y a l’instant final ou l’on décolle la feuille de la pierre pour découvrir l’impression sur le papier...
Je joue avec le multiple en m’amusant à recomposer avec les mêmes pierres des images chaque fois différentes, plutôt qu’en faisant 20 ou 30 tirages identiques (cela m’arrive occasionnellement, mais c’est très fastidieux sur ces presses manuelles qui ne servent en principe qu’à effectuer des essais).
J’aime l’aspect physique du travail sur ces presses , ce corps- à-corps avec elles dans une mécanique de gestes cent fois répétés..
j’aime leur beauté, leur histoire...
Effectivement, "l’invention" de la lithographie date de 1796 (Senefelder, en Allemagne), et au 19ème siècle Paris comptait plus de 200 ateliers lithographiques qui imprimaient des images pieuses comme les caricatures de Daumier ou les grandes affiches de Toulouse-Lautrec.
La lithographie,qui fut pratiquée par les plus grands artistes, de Géricault à Picasso, était alors à son apogée comme moyen de reproduction et de diffusion.
Evidemment elle fut vite "détrônée" par l’apparition de la photo puis de l’offset, et cantonnée à la production d’étiquettes de vin... et de lithographie d’art !

Exposition "Séries et Variations" à l’Orangerie Espace Tourlière
La "série" comme métaphore du chemin emprunté, au gré des impulsions, des hasards, des accidents...
Chaque image, issue techniquement d’une même série, offre cependant une lecture différente, selon sa composition, la transparence ou la couleur de l’encre...

Parcours
Parallèlement à mon travail intermittent de peintre sur des décors, j’ai suivi des cours de modèle vivant à l’ADAC et aux ateliers des Beaux Arts de la Ville de Paris, pendant 4 ans, pour me consacrer exclusivement à la lithographie ces 5 dernières années au sein des Ateliers des Beaux Arts de La Ville de Paris (Glacière).
Je pratiquais auparavant le pastel et l’encre de façon plutôt figurative, et la découverte de cette technique m’a incité à évoluer vers des formes d’expression plus abstraites.
Mes thèmes de prédilection (la Bretagne, le Maroc) ont alors été balayés par des expériences nouvelles : couleurs et formes à l’état brut, ou au contraire images plus sombres, silhouettes énigmatiques, impressions fugitives...
Je me suis petit à petit affranchie de certaines contraintes, libérant toute mon énergie afin d’explorer ce que pouvait m’offrir ce nouveau support.
De plus, d’autres perspectives s’ouvraient à moi car, grâce aux techniques actuelles de la photographie numérique, je peux composer des tirages mixtes d’après pierre litho et plaques photosensibles.
Un peu de technique
La Lithographie est un procédé d’impression à plat qui utilise le phénomène de la répulsion de l’eau et du gras :









